Google et son nouveau programme de délation

 Régulièrement controversé, et épinglé à plusieurs reprises dans de nombreux pays pour sa politique de confidentialité en matière de données collectées, Google vient de franchir une étape supplémentaire dans la surveillance de nos comportements en ligne.

La firme américaine qui se limitait jusqu’alors à une collecte de données visant à mieux cibler sa publicité, vient de déposer (le 2 mai) un brevet concernant un outil capable de lire nos mails, d’y détecter des contenus potentiellement illégaux, et de prévenir une ou plusieurs autres personnes en cas de suspicion d’infraction. Lire la suite «

Adopteunnegre.com, le degré Zéro du militantisme

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[ EDIT: Le site dont traite cet article n’est plus en ligne depuis hier soir minuit, mais vous pouvez toujours le consulter via le cache de Google, ou jeter un coup d’oeil sur cette capture d’écran. ]

Depuis sa récente mise en ligne, le site adopteunnegre.com fait couler beaucoup d’encre sur les médias sociaux.

Censé dénoncer le « discours sexiste et hétéronormatif » du célèbre site de rencontres Adopteunmec.com (qui présente des hommes comme des produits à une clientèle féminine), le site se veut volontairement choquant. Lire la suite «

Mariage gay, référendum et démocratie.

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Cela n’aura échappé à personne, le droit au mariage est en passe d’être étendu aux personnes de même sexe.

Depuis quelques jours, les débats et objections vont bon train, et le bras de fer entre partisans et opposants au « mariage pour tous » s’intensifie à l’approche du dépôt du projet de loi.

Quoi de plus normal, me direz-vous. Le périmètre du sacrosaint modèle familial hétérosexuel est sur le point d’être élargi à la communauté gay et lesbienne, et une question sociétale de ce type concerne finalement chaque citoyen. Lire la suite «

Flagrant délit de racolage


Récemment mise en ligne par des créatifs de l’agence Ogilvy, la vidéo présentée ci-dessus suscite depuis hier l’indignation du tout Twitter français.

Cette campagne de sensibilisation aux difficultés rencontrées par les sans-abris parisiens a vite tourné au fiasco, s’attirant les foudres d’un public qui lui reproche majoritairement de s’offrir une image généreuse et altruiste à moindre frais sur le dos de la misère.

Le contenu:

Le spot commence par le témoignage d’un SDF dont les 8 années de rue ont suffi à lui faire oublier tous ses rêves. S’en suit une série de plans sur des sans abris filmés dans des postures peu envieuses, dans la nuit d’une ville lumière qui les laisse pour compte.

En 30 secondes le décor est planté sur fond de musique larmoyante, le spectateur peiné et embarrassé pousse un léger soupir devant son écran. Le malaise s’installe.

Puis la voix de l’agence retentit. Elle est fière de nous présenter ses 18 nouveaux « clients ». 18 nécessiteux dont les portraits et prénoms se succèdent.

On comprend que l’agence va prendre les choses en mains. Des super héros de la créativité vont innover en mettant pour la première fois leur savoir-faire au service des démunis. L’espoir renaît.

A l’agence, bien au chaud dans de jolis locaux, ça bosse dur devant des écrans haut de gamme. Ca s’enthousiasme et ça s’agite. Les jeunes markéteux prennent le problème à bras le corps à coups de croquis et de découpages de cartons. Ils ont l’air cool. La musique de fond s’en est elle aussi rendu compte. Il se passe quelque-chose, on a envie de danser, on sent que le happy end se prépare.

Bref, vous connaissez la suite de l’histoire. Les cartons « dizaillenés » par les bienfaiteurs feront mouche (mon cul), Bernard pourra se payer une pizza, Laurent boira du café chaud, Michel et les autres retrouveront le sourire, l’agence aura montré l’exemple.

Un message qui ne passe pas:

Mais ce savant mélange de génie créatif et d’altruisme désintéressé au profit d’une noble cause ne passe pas auprès du spectateur.

La vidéo a été accueillie par un tollé après sa mise en ligne, suscitant l’indignation générale, sous prétexte de récupération douteuse.

Et pour cause.

Le message altruiste n’est qu’un prétexte, car il s’agit avant tout d’une campagne d’auto-promo à la gloire d’une agence publicitaire qui tente de nous vendre la magie de son savoir-faire créatif.

Peu importe le contexte, peu importe les clients. Les sans-abris ne sont que des accessoires sans importance. Vous pourrez d’ailleurs les remplacer par n’importe-qui, le message est adaptable à souhait. « Notre créativité au service de tous ». On ne cible pas la générosité, mais on cherche plutôt à soigner son image, car de nos jours, « l’entreprise citoyenne » ça le fait grave.

Sauf que là, l’utilisation de la misère humaine comme support publicitaire est légèrement plus flagrant qu’à l’accoutumée. C’est dommage, mais la finalité de la campagne est éminemment perceptible, et l’on aurait presque pu le leur pardonner si l’utilité publique de leur action  avait été au rendez-vous.

Ce n’est malheureusement pas le cas.

Au final, la générosité suscitée se limite à une pizza et 3 cafés, et tout ça ne leur aura pas coûté un radis. C’est du moins ce que l’on tente de nous faire croire.

Joli message en apparence, que celui de la solidarité qui n’est pas seulement une question de pognon, mais…

Les moyens mis en oeuvre, le temps d’élaboration de la campagne, le tournage, le matériel, tout ce professionnalisme pour obtenir une réalisation aussi léchée… Tout cela a un coût. Un coût que je ne saurais chiffrer, mais sans commune mesure avec celui d’un misérable repas et d’une boisson chaude.

Bref, s’il avait uniquement été question d’entraide directe, il aurait sûrement été plus judicieux de faire un petit don à une oeuvre caritative, mais cela aurait été sans compter sur le pseudo génie créatif des jeunes pubards qu’il était question de promouvoir.

Parlons-en d’ailleurs de cette inventivité, de ce génie créatif, de son pouvoir transcendant, de sa propension à susciter l’attention, de sa magie, de son inexistence.

Encore une fois, il n’est pas au rendez-vous. Les miraculeux morceaux de cartons élaborés par les designers sont des leurres sans intérêt. C’est laid, niais, ni novateur ni surprenant, mais l’effet enchanteur se produit miraculeusement devant la caméra.

Les passants qui d’ordinaire feignent de ne pas voir la mendicité, changent d’attitude à la vue de ces derniers. Foutaises.

On est en plein conte de Noël. Les génies sont des usurpateurs, le Père Noël dépose des boîtes vides aux pieds des sapins, d’autres les rempliront à sa place. Peu importe le fond, seule la forme compte.

La réalisation est stéréotypée, emplie d’immondes clichés. Le pathos est tellement gros qu’on a peine à y croire. Les artifices techniques au service de l’empathie ne fonctionnent pas pour la simple et unique raison que rien ni personne ne peut valoriser le vide. Pire encore, ils ne font qu’accentuer l’absence d’humilité de l’ignoble sérénade.

Le traquenard ne prend plus. Trop d’agences de pubs ont depuis longtemps perdu en crédibilité. A trop privilégier la forme, elles se sont fourvoyées dans les méandres de la futilité, du buzz ou du mensonge, et tentent aujourd’hui de se racheter une conduite sous couvert de générosité.

L’humanisation de l’inhumain étant le fer de lance de la propagande, force est de constater qu’elles font tout le contraire.

Importation d’anciennes publications

Bon nombre d’entre vous me suivent depuis très peu de temps (que ce soit sur Twitter ou sur Facebook où j’ai été assez peu présent ces derniers mois), et n’ont sûrement pas eu l’occasion de me lire par le passé.

Je viens donc d’importer sur ce blog, d’anciens billets que j’avais à l’origine publiés sur un vieux blog baptisé Ilovemonblog, et dont je me suis finalement peu servi.

Bref, rien de bien extraordinaire, sinon 4 humbles textes et récits (avec leurs commentaires) qui viennent un peu bouleverser la chronologie de ce site, puisqu’ils datent tous de 2010, et sont par conséquent datés d’une date antérieure à la création de ce blog.

Donc, dans le cas où l’idée saugrenue de les lire vous viendrait à l’esprit, ces derniers sont disponibles dans la catégorie « Récits et écriture ».

 

A visage découvert sur les Zinternettes

La première des raisons m’ayant poussé à ouvrir ce blog, est d’avancer à visage découvert et en mon nom sur Internet.

Après plusieurs années de présence sur Twitter, Facebook, et de nombreux blogs, planqué derrière un pseudonyme insignifiant, la décision n’a pas été aisée à prendre, car impliquant bon nombre d’interrogations, notamment au niveau de la maîtrise de mon identité numérique.

A vrai dire, la construction de cette dernière ne se présente pas aujourd’hui à moi comme une nécessité. Je gagne ma vie en donnant des cours d’informatique, je suis indépendant, et dans l’état actuel des choses, mon image sur le net (points de vue, opinions, fautes de goût humoristique, ou autres indicateurs de personnalité) ne peut avoir que très peu d’impact sur d’éventuelles opportunités professionnelles.

Alors, à quoi bon prendre une telle décision, me direz vous.

La réponse me semble aujourd’hui évidente. La jonction entre mon identité réelle et virtuelle est bel et bien nécessaire. Les deux me semblent indivisibles, et continuer à utiliser un pseudonyme sur Internet en est presque devenu aliénant.

Je m’explique.

Lors de l’inscription sur un média social, le premier choix à faire est celui du pseudonyme. Il est, et restera le principal élément constitutif de l’identité d’un utilisateur. S’en suivront le choix d’une image à associer à ce nom, puis l’utilisation de l’outil.

Pour ma part, comme vous l’aurez compris, j’avais opté à la fois pour un patronyme et un avatar ne me ressemblant ni de près ni de loin.

Ce fut donc le point de départ d’un jeu consistant à incarner un personnage fictif, à la fois par réflexe (parano d’internet, protection de son identité, vous connaissez la chanson), et par fantasme de liberté (grâce au virtuel, je pourrai enfin devenir celui que je ne suis pas)

J’ai donc, pendant près de 3 ans incarné une sorte d’être virtuel mystérieux, imprévisible et fou, baptisé Oncle Letour, sur Internet.

En près de 3 années, Oncle Letour a donc tué près de 40 chatons, 35 pandas, 12 dauphins, et 200 koalas. Il s’est donné la mort environ 10 fois, a kidnappé puis abattu plus de 500 extrémistes de tous bords, a pillé à de nombreuses reprises les stocks de nourriture des Restos du Coeur, et s’est heurté maintes fois à la connerie des « premier-degrétistes » chroniques qui sont à la liberté d’expression, ce que les grandes chaînes de restauration rapide sont à la prévention des risques cardio-vasculaires.

Bref, aujourd’hui, j’en ai plein le cul (bon ok, j’aurais pu faire un effort de langage sur ce coup-là). Entre temps, la lassitude a opéré, et le personnage a depuis bien longtemps rendu son tablier.

Je ne participe donc plus à aucune discussion sur Twitter ni sur Facebook. Je n’alimente plus mon blog depuis plus d’un an, j’ai cessé de me nourrir, perdu 40 kilos, sombré dans les drogues dures, je me suis inscrit dans un club clandestin de combat de rue, je ne bois que de l’alcool fort, et je me scarifie régulièrement pour punir l’immonde être bipolaire que je suis devenu.

Il faut donc que je me rende à l’évidence. Je dois me reconstruire, et ma rémission ne se fera pas sans passer par les étapes suivantes.

- Me trouver une religion

- Adhérer à un club de fitness

- Devenir végétarien

- Fonder une famille nombreuse

- Me trouver un coach personnel

- Porter des chemises quotidiennement

- Faire tous les jours le tour du voisinage pour savoir si personne ne manque de rien.

- Me créer un blog perso

Je vais donc pouvoir rayer la dernière étape de ma « toudouliste ». Pour le reste, on en reparlera peut-être dans une autre vie (Numérique? Qui sait?)